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Les derniers Crusaders  
de la 12F

 

 

Après 35 ans de bons et loyaux services,le F-8P (FN) Crusader devra etre retirer du service d’ici la fin de l’année.Premier intercepteur embarqué supersonique,le Crusader permit à notre Aéronautique Navale de passer en Novembre 1964 au stade du supersonique et de la haute performance.L’avion était en effet à l’époque ce qui se faisait de mieux en matière d’intercepteur embarqué.Au cours de ses trente cinq années de service, les quarante deux Crusader achetés effectuèrent plus de 140 000 heures de vol et 25 000 appontages sur les portes-avions Foch et Clémenceau.

Les débuts de la "Douzeff"

Héritière de l’escadrille AC2 dont la constitution remonte au 1er octobre 1938, la douzième Flottille de Chasse Embarquée nait le 1er aout 1948 à Hyères. Ses débuts sont difficiles : elle est équipée de 18 Supermarine Seafire III, un avion en fait pas du tout adapté aux opérations à partir de porte-avions. Son train d’atterrissage n'était pas assez robuste et pas très stable à basse vitesse. Du coup, la Flottille perd six avions dans les premiers mois, une commission d’enquête déclare le Seafire Mk III interdit d’appontage et la 12F doit se contenter d’un rôle terrestre à partir de Hyères. En mars 1950, elle est rééquipée de la version Mk XV du Seafire et passe dés avril sur Hellcat, mieux conçu pour l’embarquement. Les essais débutent sur l’Arromanches le 15 juin à partir duquel sont effectués les premiers appontages de qualification. En mai 1951, la 12F embarque sur le Dixmude pour les Etats-Unis afin de terminer sa formation et pour participer avec la 4F, à l’armement aérien du porte-avions La Fayette. C’est sous le commandemant du LV Vercken que la Flottille embarque le 29 août sur l’Arromanches pour l’Indochine; basée alternativement sur porte-avions et les bases de Haiphong ou Cat Bi, elle participe à de nombreuses opérations, notamment pendant la campagne du Laos. Le 16 mai 1953 à bord du La Fayette, elle est décorée de la croix de guerre. Elle retourne le 10 juin 1953 à Hyères pour être équipée de Corsair F4U-7, puis embarque le 13 avril à bord du La Fayette pour sa seconde campagne d’Indochine. La 12F participe ensuite, aux opérations de maintien de l’ordre en Algérie depuis les bases de Karouba et Télergma ou à bord des portes-avions Bois-Belleau, La Fayette et Arromanches. En juillet 1958, la Flottille échange ses F4U-7 contre des F4U-1, une version optimisée pour l'appui tactique et le bombardement. Enfin, elle est dissoute le 8 aout 1963, avant d'être réarmée le 5 octobre à Lann-Bihoué sous le commandement du LV Lefebvre.


"When You 're out of F-8s you're out of Fighters"

LES "LASCAR" DE LA 12F :

En 1962, la Marine Française décida de commander le Vought F-8 Crusader comme chasseur de supériorité aérienne en vue de remplacer l’Aquilon. Le Crusader servira à bord d'une nouvelle génération de porte-avions : le Foch et le Clemenceau. La version du Crusader français fut désigné par son Constructeur F-8E(FN), FN signifiant «French Navy". Initialement, la Marine avait commandé 40 F-8E(FN) et 6 biplaces TF-8E(FN); cependant, suite à l'abandon du développement de la version biplace par Vought, la commande fut changée à 42 exemplaires monoplaces.

La « Douzeff » réceptionna le 5 Octobre 1964 ses premiers F-8E(FN) Crusader sur la BAN de Lann-Bihoué prés du port naval de Lorient. Elle était la première Flotille à recevoir cet appareil, suivie par la 14F qui les receptionna six mois plus tard. Depuis cette date, les Crusader de la 12F ont toujours rempli leur mission d’interception tous-temps dans le ciel de Bretagne où depuis les portes-avions Foch et Clémenceau.

En avril 1965, le premier appontage de la 12F est effectué avec le « Crouze » à bord du porte-avions Clémenceau et dès le mois d’octobre, les quatre premiers pilotes effectuent leur qualification à l’appontage de nuit. Au cours du mois de juillet 1968, la Flottille 12F est transférée définitivement sur la nouvelle BAN de Landivisiau où se trouve déjà deux Flottilles d’Etendard IVM.

En 1969, les voilures (du model US F8J) sont montées sur les appareils français et en 1979, de nouvelles post-combustions sont installées sur les réacteurs Pratt & Whitney. La flottille s’attache à démontrer son caractère d’élite : d'ailleurs cette devise de "Cruzeman" : "When You 're out of F-8s you're out of Fighters" que l'on pourrait traduire par "il n'y a pas de Chasse sans Crusader" nous montre bien la motivation des pilotes de "douze" !

C’est un pilotes de «crouze » qui établit le 29 juillet 1971, un record de vitesse, en faisant le tour de France à basse altitude en quatre heures et cinquante minutes. Son commandant totalise en 1975 plus de 2000 heures de vol sur l’appareil et devient dés lors le premier « two thousander » français. Lors de la campagne de tir à Cazaux en aout 1976, la 12F décroche de nouveaux records : pertes de panneaux par un même pilote, 100% meilleur score sur un vol, 110% de coup au but ( 9 trous pour 8 obus ! ) et enfin le plus beau trou sur cible (balafre de 1,40m !).  Le 4 décembre 1978, les Crusader sont équipés de missiles air-air à courte portée Matra M550 Magic tandis qu’en 1988 le Magic II fait son apparition au-sein de la flottille. Depuis avril 1979, après le rééquipement en Super-Etendard de la Flottille 14F (dissoute en 1991), la 12F restera l’unique Flottille à être équipée de Crusader en France et dans le monde; à l’exception toutefois, des Philippines et de l'US Naval Reserve.

En effet de 1977 à 1988, les Philippines alignait 35 F-8H Crusader au-sein de la 5e Escadre de Chasse stationnée sur la base de Basa, tandis qu' une unité de l'USN Reserve mettait en oeuvre la version de reconnaissance (RF-8) jusque dans les années 80. Au mois de janvier 1987, après une courte expérimentation sur le « crouze » n°29, la Marine Nationale opte pour la nouvelle livrée bleue basse visibilité qu'elle applique sur ses premiers avions sortis de révisions des ateliers de Cuers. En juin 1992, après plus d’une année de travaux aux ateliers de Cuers, le CEV réceptionne le premier Crusader F-8P prototype du programme de prolongation. En janvier 1994, les deux premiers Crusader rénovés en F-8P arrivent sur la BAN de Landivisiau.

Précisons que les Crusaders de l'Aéronavale ne furent jamais engagés dans des combats aériens, cependant ses pilotes éffectuèrent à plusieurs reprises des missions dans des zones de combat. Par exemple en 1977, la "douze" participe à partir du Clemenceau à sa deuxième mission "Saphir" dans le Golf d'Aden. En 1983, elle assure la couverture aérienne lors des frappes aériennes par des Super Etendard contre des positions Druze à Béroute au Liban. En 1987, pendant la guerre Iran-Iraq, des Crusaders sont déployés dans le Golf Persique à bord du Clémenceau dans le cadre d'un éffort international pour protéger les navires de commerce contre les attaques des vedettes rapides Iraniennes. Plusieurs interceptions d'appareils Iraniens sont exécutées par la 12F mais sans réels engagements aériens. Depuis 1995, la 12F participa à plusieurs déploiements sur le Foch, principalement en Mer Adriatique dont les principaux étaient : "Balbuzar" (1995), "Salamandre" (1995-96) et "Trident" se déroulant dernièrement au Kosovo (Oct.-Dec, 98 / Jan-Mars 99).

F-8P : L'histoire d'une prolongation

Suite à la décision du gouvernement français en 1989, de renonçer à l’acquisition de 20 F/A-18 Hornet qui permettrait d’attendre l’arrivée du Rafale, les marins n’ont pas eu gain de cause et le Crusader restera en service jusqu’à la fin de 1999. Il était aussi question, d’une rénovation de l’avion qui comprenait une remise à niveau du système d’armes et l’installation du radar Cyrano IV qui équipe le Mirage F-1C ou du radar Anémone qui est embarqué à bord du Super-Etendard. Cette solution trop couteuse fut donc abandonnée.

Finalement la décision est enfin prise : on préférera la prolongation du Crusader, à la location ou l’achat d’occasion de F/A-18 Hornet, au détriment de l’efficacité opérationnelle. Le cout total de cette opération est estimée à 700 millions de Francs et il concernera 17 appareils dont 5 en réserve; tous seront « rajeunis » dans les ateliers de la Marine Nationale à Cuers. En juin 1992, après dix huit mois de travaux, le CEV effectua le premier vol de réception du Crusader F-8P N°35 prototype du programme "prolongation". Ce dernier est surtout destiné à garantir la sécurité des pilotes et à conserver les capacités opérationnelles du « crouze ». A partir de juillet 1994, le siège éjectable Mk-5 est remplacé par le Mk-7 acheté directement au Etats-Unis; cette version de siège éjectable, fabriqué par Martin-Baker, équipa aussi les F-4 Phantom.

Concernant l’avionique, les Crusader sont dotés d’un ILS, d’un GPS intégré, d’un IFF mode 4 similaire à celui du Mirage 2000, d’un détecteur d’alerte Sherloc, d’une radio-sonde, d’une nouvelle centrale de cap et de verticale (équipements du F-1C) et d’un nouveau horizon artificiel/indicateur sphérique qui équipe aussi le Super-Etendard. Enfin,tout le cablage électrique fut rénové, ainsi que le circuit hydraulique et les commandes de vol. Le F-8P Crusader n°35 effectua ses premiers essais d’appontage sur le porte-avions Clémenceau en avril 1993; en mai 1996, l’Etat-Major de la Marine décide de programmer le retrait des « crouze » au plus tard le 31 décembre 1999. En ce moment, 9 appareils sont encore en service dont un en maintenance. En fin d'année peu avant leur retrait définitif, la 12F ne disposera plus que de 7 Crusader.

Un "chef-d'œuvre" aérodynamique.

La structure de l’aile et sa très grande pureté aérodynamique en faisaient un véritable chef-d’œuvre technique. En 1952, les ingénieurs de Vought semblaient encore loin d’avoir la maitrise de la conception d’avions supersoniques; pourtant quarante sept ans plus tard, l’aile du Crusader ressemble toujours à une voilure moderne. Les ingénieurs dessinèrent une aile en alliage léger, accusant une assez forte flèche et un important éffilement. L'appareil possédait sur sa voilure des becs de bord d’attaque et une corde plus importante que sur le coté du fuselage. Pour la première fois au monde, le bord d’attaque de la voilure d’un avion présentait cette discontinuité en dent de scie, génératrice d’un tourbillon qui, aux hautes altitudes et en évolution serrée, empêche le décrochage des extrémités de voilure. Cette disposition devait être, par la suite, adoptée pour bien d’autres appareils. Les ponts de nos deux porte-avions ayant des dimensions très inférieures à celles des batiments américains, Vought dut soigner tout particulièrement l’hypersustentation de la version française du Crusader. Des modifications importantes furent adoptées, notamment avec le double braquage des becs à 44°, l’extension du braquage des volets et des ailerons à 40° et la diminution de l’angle de braquage du système d’incidence variable de la voilure (de 7 à 5°). Enfin, ces surfaces étaient souflées par un système de contrôle de la couche limite, alimenté en air prélevé à la sortie du compresseur. Ayant une vitesse minimale inferieure à celles des autres versions, les Crusader français ont du être dotés d’un empennage horizontal agrandi, afin de conserver une bonne maniabilité à l’appontage. Il faut signaler que toutes ces modifications, permettent à l’avion de réduire sa vitesse de décrochage, passant de 113 à 90 noeuds environ. En conclusion, on peut dire qu' au détriment du poids, la voilure à incidence variable à deux positions permis d'augmenter la stabilité du Crusader et d'améliorer la visibilité frontale du pilote lors des manoeuvres à bord du porte-avions

Les pilotes de la 12F

Les jeunes pilotes qui rejoignent la flottille 12F ont été macaronnés aux Etats-Unis au-sein du Naval Training Command, ils ont en moyenne 130 heures de vol sur jet. Le jeune pilote fraichement affecté à la 12F doit suivre une importante formation théorique avec de nombreuses séances de simulateur où sont répétées les actions vitales et l’ensemble des procédures de vol. Ensuite, quelques vols à bord du Falcon 10 MER seront exécutés pour des entrainements ILS. L’instant tant attendu du lacher sur « Crouze » se fait avec un coéquipier confirmé. Pendant 25 minutes environ, le nouveau pilote fait une prise en main, puis retour sur la base avec des circuits de piste et pour terminer plusieurs séances de TAG (touch and go) seront réalisées. Avec 150 h à son actif , le pilote est confirmé sur Crusader sur lequel il est capable d’éxécuter toutes les missions; le cas échéant il peut être amener à prendre la tête d’une patrouille légère. Aujourd’hui, le nombre d’heure de vol allouées est de 180 h par pilote et de 220 h pour les pilotes « hiboux » qualifiés de nuit. Un « hibou » est un pilote qualifié à l’appontage de nuit, une discipline très sportive et o combien exigeante au niveau de la concentration. Pour devenir pilote « hibou », il faut avoir à son actif 500 heures de vol minimum sur Crusader, dont 50 h de nuit avec plus de 30 appontages de nuit. Ainsi, tous les chefs de patrouille sont qualifiés « hiboux » dont certains ont dépassé les 2000 h de vol sur Crusader. Un chef de patrouille a la responsabilité de six avions, tandis qu’un sous-chef de patrouille peut commander deux avions.

A noter que chaque Crusader passe environ une soixantaine d’heures de vol en mer à partir du porte-avions Foch sur lequel il embarque un minimum de deux fois par an. Aujourd’hui, l’Aéronautique Navale ne forme presque plus de pilotes de « crouze » et affecte à la 12F des pilotes qui proviennent généralement de flottilles de Super-Etendard, ayant à leur actif entre 400 et 1000 heures de vol. L'avantage, c'est que les pilotes ont déjà une bonne experience sur le plan tactique et qu'ils sont le plus souvent chef de patrouille. Pour finir avec la formation des pilotes, soulignons qu'un certains nombre de future pilotes de Rafale M s'entrainent actuellement sur les Mirage 2000 de l'Armée de l'Air pour se familiariser aux systèmes d'armes actuels et "gouter" aux commandes de vol électriques.

Eté 2001 : La demi-flottille de Rafale

Depuis le premier appontage du Rafale M01 sur le porte-avions Foch le 16 avril 1993, le programme de l’avion de combat français connaît une période très chargéee. Le prototype Marine va faire ses premiers essais sur le porte-avions nucléaire Charles de Gaulle, tandis que l’Aéronautique Navale recevra son premier exemplaire de série normalement courant de l’été. L’objectif des premières évaluations en mer sur le Charles-de-Gaulle est double : d’une part, il s’agit de controler la compatibilité des installations du porte-avions avec le Rafale, d’autre part elles serviront à compléter certains points d’essais du Rafale marine. Pour la première fois, des tests d’emport de missiles Mica avec réservoirs supplémentaires seront exécutés; il faudra compter quelques dizaines d’appontages et de catapultages pour qualifier le Rafale sur le porte-avions nucléaire.

Avec la livraison des premiers Rafale Marine, il est envisagé que le prototype M01 soit reversé à la Marine en 2002 tandis que le M02, deuxième de série, sera livré pendant l’été 2000. L’arrivée de la première demi-flottille à la 12F est prévue pour l’été 2001.   A cette occasion, la base de Landivisiau se dotera d’un nouveau banc d’essais pour les réacteurs SNECMA M88, d’un réseau informatique et des moyens de soutien adaptés. Commencera alors une phase d’expérimentation et d’accoutumance de plusieurs mois à Landivisiau, qui se terminera sur le porte-avions Charles-de-Gaulle et au CEAM de Mont-de-Marsan. D’ici fin 2002, la 12F recevra 10 Rafale Marine au standard F1, c’est à dire en configuration de défense aérienne, alors qu’à la fin de 2007, 15 nouveaux Rafale seront livrés au standard F2. Le Rafale F2 sera équipé entièrement du système d’autoprotection Spectra, des missiles Mica EM /IR et une capacité de ravitaillement en vol. Rappelons que le missile Mica constitue un grand défi, puisqu'il remplacera à lui seul, deux modèles complémentaires de missiles : l'un à courte portée (2 km), l'autre à moyenne/longue portée (60 km).

Maintenant que le "Crouze" est largement dépassé, les pilotes de la 12F se préparent à voler sur Rafale, un appareil doté de commandes de vol électrique et d'un système d'armes aux capacités impréssionantes. Tandis que la Marine Nationale se prépare à aborder le 21ème siècle dans les meilleures conditions avec la mise en service du couple Rafale-Hawkeye sur son nouveau porte-avions Charles De Gaulle, c'est sans doute avec une certaine tristesse que les "pingouins" de la 12F vont devoir abandonner leurs machines pour lesquelles ils se seront tant dévoués.

Cette "séparation" plus que nécessaire, est pour nous, l'occasion de rendre hommage au personnel de la 12F qui malgré les contraintes budgétaires aura continuer à remplir au mieux sa mission. Cette année après son dernier déploiement sur le Foch, durant le conflit du Kosovo, notre vénérable Crusader est à "bout de souffle" et dans quelques mois prendra une retraite bien méritée après avoir contribué plus de 30 ans dans l'Aéronautique Navale! Maintenant, reste à espérer que le "Crouze" ne sera pas complètement entérré, au contraire qu'il trouvera sa place dans des musées d'aviation, sans aucun doute preneurs...

Copyright ©1999-2002, Cockpit_image / PH & F.NOTRE

Remerciements

Les Auteurs et JETS tiennent à remercier vivement L.V Hilbert du SIRPA Marine pour avoir organisé cette visite. Grand merci au L.V George ainsi que le peronnel de la 12F et 17F pour leur accueil chaleureux et les facilités photographiques qu'ils nous ont accordés tout au long de ce reportage.